Kintsugi  ?           

Technique Traditionnel de laque

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Jinoko
Laque rouge, noir, incolore .png
 cette pierre est un agent abrasif artificiel utilisé pour le ponçage des couches intermédiaires de laque Urushi
Fun-dutsu

Les aspects techniques de restauration de la laque ne sont pas moins important que ses aspects esthétiques. Il existe de nombreuses compositions de laques et  méthodologies qui varient  d'un artisan à l'autre et d'un atelier à l'autre. Kisho mi urushi ("laque pure") constitue la base de tous les travaux de collage, l'utilisation de la laque pour insérer des fragments de céramique originaux (tomotsugi : "pièces d'origine") ou pour remplacer de plus grandes cassures par des pièces en céramique étrangères (yobitsugi : "pièces empruntées") ou des pièces en bois (mokuhen).

Une matière première coûteuse.

Kisho mi urushi est une laque brute de la plus haute qualité  Kisho mi urushi (laque) est la sève du Rhus vernicifera, dit "arbre à laque", présent en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est. S'écoulant des incisions pratiquées dans l'écorce, la laque brute est un suc visqueux blanc-grisâtre. Ce n'est qu'après une série d'opérations (filtrage, homogénéisation et déshydratation) que celle-ci devient transparente et peut être teintée en noir, rouge, jaune, vert ou brun.

Pour le collage proprement dit, il est mélangé avec une quantité égale de colle de riz.  Le mélange qui en résulte, utilisé depuis des siècles, est appelé nori urushi ("laque de colle"). Ce matériau n'est pas seulement fortement adhésif, il sèche également assez rapidement en quelques jours. Un deuxième mélange d'adhésif, plus récemment inventé, celui que j'utilise  se compose de kisho mi urushi et de la fleur de blè . Connu sous le nom de mugi urushi (" laque à grains "), ce mélange devient fortement adhésif en séchant à la différence du  nori urushi, mais nécessite un intervalle de séchage plus long, allant jusqu'à dix jours.

On laisse sécher la laque adhésive dans une boite ( Muro ou Furo) à température et humidité constante, pendant un à trois mois suivant les pièces. L’excédent des parties laquées est ensuite enlevé ou éliminé avec du charbon de bois ( Joko ). Dans un second temps  on procède au nettoyage et à la finition des brisures avec un mélange ( Sabi ), composé de ( Jinoko ) et de ( laque )  jusqu’à  obtenir une correction parfaite par ponçage. Cette  étape définira la qualité de vos pièces et c'est seulement à la fin de ce processus que l'application d'une laque colorée sera faite.

Selon l'intention artistique, cette couche colorée peut soit former la couche de laque finale, soit, dans le cas du traitement du kintsugi, servir de substrat sur lequel sont saupoudrées des poudres d'or, d'argent, ou tout autre métaux comme de la poudre d'aluminium, de cuivre, d'étain. Cette poudre métallique est saupoudrée après une brève phase de séchage de la laque de support : en plusieurs opérations successives et à l'aide d'un tube de saupoudrage en aluminium ou en bambou (funzutsu), la poudre doit être délicatement déposée sur la surface de la laque  à l'aide d'un pinceau extrêmement souple prévu à cet effet. A partir de cette étape, un choix financier, artistique ou sentimental sera fait, pour une pièce de moindre valeur on utilisera une poudre fine dorée ou argentée ( Keschifun ) et votre pièce sera finie.

Il est également possible d'ajouter des étapes supplémentaires. Après un temps de séchage suffisant et une liaison homogène de la laque avec la poudre métallique, commence une procédure de multiples étapes de ponçage ( Jozuri ), de polissage à l'huile ( urushioil ) et de terre ( Tonoko ). On applique une laque transparente (suki urushi) sur la couche polie de laque métallique.

 Après le séchage de cette couche supérieure transparente, elle subit un polissage avec l'aide d'une poudre très fine ( Roiko Migakiko ) qui améliore sa capacité de protection contre les influences extérieures telles que l'abrasion et la décoloration. 

Les composantes de la restauration de la laque ne se limitent toutefois pas aux aspects esthétiques et techniques décrits ci-dessus : elles comprennent également des concepts artistiques, parmi lesquels il convient de mettre particulièrement l'accent sur trois idées importantes, qui ont survécus sans interruption jusqu'à nos jours est

sont connues sous les noms de kintsugi, Tomotsugi et Yobitsugi.
La particularité du concept kintsugi, est de réparer tous types de dommages, avec l'utilisation d'une laque mélangée à de la poudre d'or ou d'argent, parfois combinée avec des parties laquées sans poudre métallique.

 

Le concept de Tomotsugi   est limité aux travaux de restauration dans lesquels les cassures existantes peuvent être réparées en insérant des fragments originaux.  Cette méthode n'est praticable que si les tessons sont suffisamment réutilisables. En revanche, le concept Yobitsugi insère des pièces de céramique étrangères.  

Cette approche est souvent utilisée pour traiter de plus grandes zones endommagées ou lorsqu'un artiste veut délibérément implanter un matériau alternatif plutôt que d'utiliser des fragments originaux existants et essentiellement utilisables.  

Trois approches distinctes peuvent être identifiées dans l'utilisation de matériaux étrangers : premièrement, l'intégration de pièces en céramique qui correspondent étroitement à l'apparence originale de l'objet en cours de restauration ; deuxièmement, l'usage de fragments qui s'harmonise avec des fragments totalement différents et distincts et troisièmement, l'insertion de pièces qui semblent distinctes, contrairement à celles d'origine. Il en résulte des potentiels de design extrêmement divers et créatifs, en particulier grâce à l'utilisation des deuxième et troisième approches, qui peuvent être considérées comme l'expression de " l'idéal".

Selon la nature des dommages existants, les trois concepts partagent la caractéristique qu'ils peuvent être combinés entre eux, élargissant ainsi encore le spectre créatif.

 

Un des aspect remarquable des concepts de kintsugi et Yobitsugi est la souplesse d’intégration des dommages accidentels et/ou délibérés.  Le grand maître de cérémonie du thé Furuta Oribe ( nom original Furuta Shigenari ) a découvert une beauté séduisante dans des objets gravement déformés . Cette découverte ne l'a pas seulement incité à utiliser accidentellement ou intentionnellement des ustensiles à thé fabriqués, mais aussi à endommager délibérément des objets qu'il considérait comme "trop parfaits". Cette audace a été fortement rejetée par les cercles d'élite, mais s'est finalement imposée de manière durable dans l'art fascinant de la restauration de la laque comme l'expression d'un besoin irrépressible de modifier de manière créative l'objet.

Didier Faillères -  ©Kintsugi.art 2019 - Kintsugi Traditionnel

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Urushioil est une huile toxique et très irritante
Poudre Roiro Migakiko.png
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