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LA FABRIQUE 
KINTSUGI.ART®

La laque Urushi : au cœur des savoir-faire japonais

AVANT L'OR DU KINTSUGI, IL Y A L'URUSHI.

L’Urushi est une laque végétale naturelle issue de la sève de l’arbre à laque, Toxicodendron vernicifluum.

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Utilisée depuis des millénaires en Asie orientale, elle occupe une place essentielle dans l’artisanat japonais. Elle permet de protéger, assembler, restaurer et décorer le bois, la céramique et de nombreux objets d’art.

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Dans le Kintsugi traditionnel, l’Urushi constitue la matière fondamentale de la réparation : elle intervient dans l’assemblage des fragments, le comblement des manques, les couches de finition et la préparation destinée à recevoir les poudres métalliques.

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Une laque naturelle issue d’un arbre

Urushi-kaki — La griffe de la patience

a sève d’Urushi est extraite de l’arbre Toxicodendron vernicifluum selon une méthode traditionnelle exigeante, appelée urushi-kaki. De fines incisions sont pratiquées dans l’écorce afin de recueillir, goutte après goutte, une quantité précieuse de sève.

Au fil de la saison, la qualité de l’Urushi évolue et chaque période de récolte porte un nom : Hatsu-urushi la première récolte ; Sakari-urushi, récoltée au cœur de l’été et particulièrement appréciée ; Sue-urushi , la récolte tardive ; puis Urame-urushi et Tome-urushi, qui marquent les dernières récoltes de la saison.

Un même arbre offre ainsi, au fil des mois, des laques aux caractéristiques différentes, dont la viscosité, la transparence et le comportement varient selon le moment de la récolte.

Laque Urushi japonaise Récolte traditionnelle de la sève de l’arbre à laque pour produire l’Urushi.
Travail de laque artisan urushi époque Edo

Une histoire millénaire

De Jōmon à Edo : l’Urushi dans l’art japonais

Les savoir-faire liés à la laque remontent à plusieurs millénaires au Japon. Au fil des siècles, l’Urushi devient à la fois un matériau protecteur et un véritable médium artistique.

Boîtes, bols, objets cérémoniels, mobilier et œuvres décoratives témoignent de la sophistication atteinte par les artisans japonais.

Les techniques de laque se développent progressivement jusqu’à atteindre un très haut niveau de maîtrise, notamment dans les arts décoratifs japonais.

Comment  l'urushi durcit-elle ? 

Une matière qui a besoin d’humidité

Contrairement à une peinture ou à un vernis conventionnel, la laque Urushi ne sèche pas simplement à l’air : elle durcit par polymérisation. Ce processus est favorisé par une atmosphère chaude et humide, qui permet notamment à la laccase, une enzyme naturellement présente dans la sève, de participer à la transformation de l’urushiol.

Les pièces fraîchement laquées sont ainsi placées dans un muro (室), une enceinte où l’humidité et la température sont contrôlées. Couche après couche, l’Urushi se transforme et forme un film résistant et durable.

Laque Urushi japonaise utilisée dans l’art traditionnel du Kintsugi.

L’Urushi dans le Kintsugi traditionnel

La matière invisible derrière l’or

Le Kintsugi ne consiste pas simplement à déposer de l’or sur une cassure.

Dans la méthode traditionnelle, l’Urushi accompagne la restauration à différentes étapes, depuis l’assemblage des fragments jusqu’à la finition.

Mugi-Urushi Mélange à base de laque et de farine utilisé comme adhésif traditionnel pour assembler les fragments.

Sabi-Urushi Mélange de laque et de poudre minérale servant notamment à combler et préparer les irrégularités de la réparation.

Kuro / Roiro Urushi Laques utilisées au cours du travail de finition afin d’obtenir une surface précise avant les étapes finales.

E-Urushi Laque utilisée notamment comme couche permettant l’application des poudres métalliques.

Du noir profond à l’éclat de l’or

Dans le Kintsugi, l’or attire le regard. Mais c’est l’Urushi qui construit la réparation.

L’Urushi est-elle dangereuse ?

Précautions lors de la manipulation

L’Urushi fraîche contient notamment de l’urushiol, substance susceptible de provoquer une importante réaction cutanée chez certaines personnes.

Lors de sa manipulation, il est donc indispensable d’éviter tout contact avec la peau et d’utiliser des protections adaptées.

Une fois correctement polymérisée, ses propriétés sont très différentes de celles de la laque fraîche

Bol restauré au Kintsugi avec de l’Iro-Urushi rouge, laque japonaise colorée

Iro-Urushi : la couleur dans la laque japonaise

La palette de l’Urushi.

L’Iro-Urushi désigne les laques Urushi colorées, obtenues en incorporant des pigments adaptés à la laque.

Si le noir et le rouge comptent parmi les couleurs emblématiques de l’art japonais de la laque, l’Iro-Urushi offre une palette bien plus large : bruns, jaunes, verts et autres nuances permettent de jouer avec la couleur tout en conservant la profondeur caractéristique de l’Urushi.

Appliquée en fines couches successives, puis travaillée et polie selon la finition recherchée, la laque révèle progressivement sa couleur et sa profondeur.

Dans le Kintsugi, l’Iro-Urushi permet également de créer des réparations colorées, avec ou sans poudre métallique. Elle rappelle ainsi que l’Urushi n’est pas seulement la matière qui répare : c’est aussi une matière de création.

Fuki-Urushi — La beauté naturelle du bois

Fuki-Urushi — L’Urushi qui révèle le bois

Le Fuki-Urushi, que l’on peut traduire par « Urushi essuyé », est une technique traditionnelle japonaise de finition qui met en valeur la beauté naturelle du bois. Une fine couche de laque Urushi est appliquée sur la surface afin qu’elle pénètre dans les fibres, puis l’excédent est soigneusement essuyé avec un tissu. L’objet est ensuite placé dans un muro, où l’humidité et la température favorisent la polymérisation de la laque.

Ce processus est répété plusieurs fois, en couches très fines. À mesure des applications, le bois se protège et sa teinte gagne en profondeur, tout en conservant son veinage et son toucher caractéristiques. Contrairement à une finition opaque, le Fuki-Urushi ne cherche pas à dissimuler la matière : il révèle progressivement les nuances, les fibres et le caractère propre de chaque pièce de bois.

Utilisée notamment pour les bols, plateaux, ustensiles et objets tournés, cette technique illustre une autre facette de l’Urushi, au-delà du Kintsugi : une matière de protection, de finition et d’embellissement du bois.

Essuyage de la laque Urushi sur un bol en bois – technique Fuki-Urushi.

Questions fréquentes sur l’Urushi

Qu’est-ce que la laque Urushi ?

L’Urushi (漆) est une laque végétale naturelle issue de la sève de l’arbre à laque, Toxicodendron vernicifluum. Utilisée depuis des millénaires en Asie orientale, elle constitue la matière essentielle du Kintsugi traditionnel et de nombreux arts japonais de la laque.

Quelle est la différence entre Urushi et Ki-Urushi ?

Urushi est le terme général désignant la laque japonaise. Le Ki-Urushi désigne la laque brute, utilisée directement dans certaines techniques ou comme base de nombreuses préparations traditionnelles.

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Didier Faillères

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